Twitter Updates

    follow me on Twitter
    Affichage des articles dont le libellé est denis podalydès. Afficher tous les articles
    Affichage des articles dont le libellé est denis podalydès. Afficher tous les articles

    mardi 11 août 2009

    Dernières impressions de la saison 2008-2009 (3/3) - La joie

    La joie


    Retour au jeu et à la gaieté juste avant l'été sous les bons augures de la Comédie française de Denis Podalydès qui illumine non pas un mais deux textes italiens : La grande magie, d'Eduardo de Filippo, fable bouffonne et tragique sur la perte des illusions et Il Campiello, de Goldoni, ou le chassé croisé des habitants d'une place de Venise bouleversé par l'arrivée d'un étranger (en l'occurrence un riche Napolitain interprété par M. Podalydès). D'un côté le décor d'un casino- dancing de station balnéaire, de l'autre des hautes maisons serrées les unes contre les autres, panoptique joyeux d'une société qui s'épie, s'interpelle, s'aime et se déteste d'une fenêtre à l'autre, 200 ans d'écart mais les mêmes ressorts : le commérage structurant le lien social, la jalousie et le désir de possession de l'amour, les faux-semblants et les illusions perdues qui rendent fou (la grande magie) ou qui jettent une ombre menaçante sur le futur des personnages (il campiello). Deux spectacles presque parfaits, servis par des comédiens au top. Comme a dit mon voisin à la fin de la grande magie, "le type en pyjamas, je sais pas qui c'était mais il est phénoménal".



    lundi 16 mars 2009

    Voix off

    Voix de Denis Podalydès



    Lundi dernier, le 9 mars, Denis Podalydès lisait au théâtre de l'Odéon des extraits de son opus "Voix off", sorti l'année dernière, et quelques inédits. "Voix off" est le récit de la vie de Denis Podalydès, son enfance, sa formation artistique, ses premiers chocs esthétiques au théâtre, au travers de l'évocation des voix qui l'ont marqué et presque façonné : "Voix de Jean Vilar", "Voix d'Antoine Vitez", etc... "Voix off" est un considérable travail de réminiscences, de voix et de sons, infiniment précis, qui témoigne de l'obsession du comédien pour la matière vocale.

    Le livre est accompagné d'un disque compact, où l'on entend mêlées archives sonores et imitations par M. Podalydès : l'imitation, art populaire parfois grossier, voué à la moquerie ou à la supercherie, devient chez lui le support d'un hommage ému mais jamais empesé. Car bien sûr, du côté de Versailles, on n'oublie jamais d'être drôle et léger, creusant la veine de l'autodérision attendrie propre à la tradition familiale.



    C'était donc une très bonne idée que d'offrir une lecture de quelques passages traitant du théâtre et de ses grandes figures, à un public fanatique et très érudit. Avec peu de moyens et ce charisme si particulier du discret, il l'a tenu en haleine à coups d'anecdotes drôlatiques (hilarant épisode des charentaises de Simon Bakhouche) et d'invocations presque sacrées des morts illustres. Cela marche même lorsqu'on n'en a jamais vu un seul sur scène (cf. moi). Espérons donc que Denis Podalydès renouvelle encore cette proposition.


    Toussométrie : faible (1/5)


    "Voix off ", par Denis Podalydès, éd. Mercure de France, coll. Traits et portraits, 25 euros.

    lundi 16 février 2009

    Fantasio

    Carnaval mélancolique

    Pour preuve de sa bonne foi, l'auteur de ce blog entame sa quête sur un bonheur absolu et inespéré. En passant pour la première fois le seuil de la Comédie-Française (salle Richelieu, près du Palais Royal), pour aller assister à une pièce de Musset qu'on n'avait pas fréquentée depuis le lycée, on s'attendait à se trouver là dans une institution décrépite où l'on ne manquerait pas de mettre en morceaux l'humour et la vivacité de Fantasio. Le risque était grand d'autant qu'une forte odeur de Shalimar flottait sur les premiers rangs (où le miracle de la réservation sur internet nous avait amenés) et que la toussomètre enregistrait une forte activité au niveau des premières loges.

    Le prologue apporte un démenti immédiat à nos appréhensions : deux jeunes pensionnaires, dont nous avons appris les noms par coeur à l'issue de la représentation comme on le faisait des popstars à 15 ans, Clément Hervieu-Léger et Adrien Gamba-Gontard, nous arrachent nos premiers éclats de rire, lesquels émailleront le reste de la représentation. Car sur scène, on a là de considérables talents comiques : Melle Claude Mathieu en gouvernante complice et lacrymale et Guillaume Gallienne qui campe, avec une remarquable absence de vanité, un prince de Mantoue au ridicule abyssal. On croise d'ailleurs ce garçon sur Canal + (Le Grand Journal), dans de courts sketches satirisant le monde du cinéma, de simples amuse-gueules en comparaison de sa prestation ici.

    Image

    La mise en scène est à l'image de son dispositif principal, un manège placé au milieu du plateau, virevoltante et joyeuse, et libre : s'emparant du thème du travestissement traité par Musset, c'est une femme (Cécile Brune) que le metteur en scène a choisie pour incarner Fantasio, jeune bourgeois de Munich qui, pour échapper à ses créanciers, prend l'aspect du favori disparu de la princesse (Florence Viala), un bouffon. Mais la mise en scène sait parfois suspendre le rythme - les personnages se figent presque tandis que le manège tournoie frénétiquement en une spirale stérile - et laisse le temps aux spectateurs de goûter la mélancolie profonde du texte de Musset. L'émotion vient alors brusquement se lover dans votre gorge, quand la princesse au coeur brisé n'a plus qu'un film burlesque muet pour invoquer le souvenir de son amour disparu. Notons au passage que le responsable de ce délicieux anachronisme cinéphile et de la mise en scène en général, c'est Denis Podalydès qui, au cinéma, et souvent avec son frère Bruno, est un des meilleurs représentants de la comédie d'auteur, délicate et hilarante, comme en témoigne par exemple la version "interminable" de "Dieu seul me voit" (1998) récemment éditée sous le titre de "Versailles-Chantiers" (l'intégrale des aventures d'Albert Jeanjean).

    Pitch : La jeune princesse Elsbeth est promise au prince de Mantoue pour sceller l'alliance entre leurs deux peuples. Tandis que le prince, qui doit être présenté à la jeune fille, choisit de prendre l'aspect de son aide de camp pour se faire aimer d'elle vraiment, Fantasio, un jeune bourgeois fantasque prend l'aspect de Saint-Jean, bouffon de la cour et favori de la princesse récemment disparu, pour échapper à ses créanciers...

    Toussomètrie : Calme (1/5).

    Fantasio, d'Alfred de Musset - Mise en scène : Denis Podalydès - Comédie-Française, Salle Richelieu - 1h50 (sans entracte) - Jusqu'au 15 mars 2009 - de 11 à 37 €.

    http://www.comedie-francaise.fr/dev/saison_spectacles.php?spid=107

    Autres opinions :

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45694

    http://theatre-danse.fluctuat.net/blog/33297-fantasio-a-l-aise-a-la-comedie-francaise.html

    http://www.lefigaro.fr/theatre/2008/09/26/03003-20080926ARTFIG00396-fantasio-ou-musset-et-ses-doubles-.php

    http://www.webthea.com/actualites/?Fantasio-d-Alfred-de-Musset,1645

    http://theatredublog.unblog.fr/2008/09/25/fantasio-dalfred-de-musset-mise-en-scene-de-denis-podalydespar-philippe-du-vignal/